Aller au contenu principal

Assurance chômage

ARE des agents publics : auto-assurance et obligations de l'employeur

L'employeur public indemnise lui-même ses anciens agents au chômage : c'est l'auto-assurance. Quelles obligations, quels risques, quelles alternatives ? Le point pour les DRH publics.

26 mai 20268 min de lecturePôle juridique INLECIA

ARE des agents publics : le principe d'auto-assurance, souvent mal compris


Quand un agent public perd son emploi, qui paie son allocation chômage ? Contrairement à une idée répandue, ce n'est pas France Travail dans la plupart des cas. C'est l'employeur public lui-même. Ce mécanisme s'appelle l'auto-assurance, et il engage directement le budget des collectivités, des hôpitaux et des établissements publics.


L'article L. 5424-1 du Code du travail prévoit que les fonctionnaires de l'État, les agents titulaires des collectivités territoriales et les agents des établissements publics administratifs ont droit à l'allocation d'assurance en cas de privation involontaire d'emploi. Mais ces employeurs ne cotisent pas à l'Unédic. Ils assument eux-mêmes la charge de l'indemnisation, sauf adhésion au régime général.


Quand un agent public ouvre-t-il des droits à l'ARE ?


L'ouverture des droits suppose une privation involontaire d'emploi, ou une situation assimilée. Plusieurs cas se présentent couramment :


La fin d'un CDD non renouvelé ouvre des droits, l'agent n'étant pas à l'origine de la rupture.


Le licenciement, qu'il soit pour insuffisance professionnelle, pour inaptitude ou pour un autre motif, ouvre également des droits.


La rupture conventionnelle, désormais possible dans la fonction publique sur le fondement de l'article L. 552-1 du Code général de la fonction publique, est assimilée à une perte involontaire d'emploi et ouvre droit à l'ARE.


À l'inverse, une démission ne donne en principe pas droit à l'allocation, sauf si elle est reconnue légitime selon les règles applicables.


C'est l'employeur public qui doit déterminer si l'agent remplit les conditions, calculer le montant et la durée de l'allocation, puis verser celle-ci. Une responsabilité lourde, souvent sous-estimée.


Les obligations concrètes de l'employeur public en auto-assurance


L'employeur en auto-assurance n'est pas un simple payeur. Il assume une fonction d'instruction comparable à celle de France Travail.


Il doit examiner la demande et vérifier les conditions d'ouverture des droits. Il doit calculer le salaire journalier de référence, déterminer le montant de l'ARE et sa durée maximale, en appliquant les règles de la convention d'assurance chômage en vigueur à la date de la fin de fonctions. Il doit verser l'allocation mensuellement et la réviser en cas de reprise d'activité ou de changement de situation. Il doit enfin gérer les éventuels indus et les contestations.


Une erreur de calcul du salaire journalier de référence ou de la durée d'indemnisation se traduit soit par un sous-paiement contestable par l'agent, soit par un trop-versé difficile à récupérer. Dans les deux cas, le risque contentieux est réel.


Auto-assurance ou adhésion au régime général : l'arbitrage


L'employeur public n'est pas condamné à l'auto-assurance. Il peut adhérer au régime général d'assurance chômage, ce qui transfère la charge et l'instruction à France Travail moyennant cotisation.


L'arbitrage dépend de la structure. Une collectivité qui emploie beaucoup de contractuels précaires, avec une rotation élevée, supporte un risque chômage important : l'adhésion peut alors lisser et externaliser ce coût. À l'inverse, une structure stable, avec peu de fins de contrat, peut trouver l'auto-assurance plus économique sur la durée.


Ce choix n'est pas anodin et mérite une analyse chiffrée propre à chaque organisme, en tenant compte du volume de contrats, du turnover et de la capacité à provisionner.


Sécuriser la gestion : trois priorités


**Provisionner.** Le coût d'une indemnisation peut courir sur de nombreux mois. Sans provision, la dépense déséquilibre le budget de fonctionnement.


**Maîtriser le calcul.** Le salaire journalier de référence, le montant de l'ARE et la durée d'indemnisation obéissent à des règles précises. Les valeurs chiffrées (plafonds, planchers, durées) sont fixées par la convention applicable et ses textes d'application : elles doivent être vérifiées à la date de la rupture.


**Tracer les dossiers.** Une instruction documentée protège l'employeur en cas de contestation, qu'elle vienne de l'agent ou d'un contrôle.




Pour outiller vos gestionnaires sur l'instruction des dossiers ARE et l'arbitrage auto-assurance / régime général, INLECIA propose une formation dédiée à l'assurance chômage dans la Fonction Publique.

ARE
Auto-assurance
Employeur public
France Travail
Collectivités

Formation liée

L'assurance chômage dans la Fonction Publique (ARE-FP)

INLECIA - Blog juridique - Toute reproduction interdite